Le Conseil fédéral siège au château, 22 avril 2026

Le Conseil fédéral tient sa séance extra-muros à l’intérieur des murs du château de Chenaux.

Les Conseillers fédéraux arrivent dans la cour du château de Chenaux, mercredi 22 avril 2026

Il y a une forme de malice dans le vocabulaire. Une fois par année, le Conseil fédéral quitte le Palais fédéral pour aller siéger ailleurs : on appelle cela une séance extra-muros. Mercredi 22 avril 2026, les sept Conseillers fédéraux ont choisi pour ce déplacement un lieu qui possède des murs comme peu en possèdent encore en Suisse : le château de Chenaux.

Extra-muros vu de Berne, donc. Très exactement intra-muros vu d’Estavayer.

Une matinée de travail au château

Les sept sages ont siégé dans l’enceinte édifiée en 1284 par Pierre d’Estavayer. C’était la 21e séance de ce type depuis que la tradition s’est établie, en 2010, et la première sur sol fribourgeois depuis la venue du gouvernement à Fribourg en 2015. Un château, une cour intérieure, sept ministres autour d’une table : l’image est simple, et elle raconte quelque chose que beaucoup de sièges administratifs plus neufs peinent à transmettre.

La résilience comme propos

À son arrivée, devant une brève conférence de presse, le président de la Confédération Guy Parmelin a évoqué la résilience. Il a pris pour exemple le château lui-même, toujours debout après sept siècles et demi d’histoire tumultueuse. La formule n’a rien d’anodin dans un contexte international où, selon ses mots, la « normalité » d’autrefois a disparu. Elle résonne aussi à hauteur locale : des bâtiments qui tiennent sept cent quarante-deux ans ne tiennent pas par hasard, ils tiennent parce qu’à chaque génération quelqu’un a fait le choix de les préserver.

Accompagné du président du Conseil d’État fribourgeois Philippe Demierre, le Vaudois n’a pas résisté à une plaisanterie sur cette « enclave en terre vaudoise » qu’il faudrait « essayer de conquérir ». La dernière tentative documentée remonte à 1475 et n’a pas tenu. Les murs étaient déjà là.

Après les murs, la ville

À la mi-journée, les Conseillers fédéraux ont quitté la cour du château pour aller à la rencontre de la population en vieille ville. C’est la raison d’être de ces séances délocalisées, rappelée par Guy Parmelin : aller « là où les gens vivent » et mener « des discussions directes » avec eux. Un repas avec le Conseil d’État fribourgeois, le préfet du district et le syndic d’Estavayer clôturait la journée.

Pour Estavayer, la journée restera comme un moment de visibilité rare. Pour le château, une entrée dans la longue liste des lieux qui, depuis 2010, ont accueilli le gouvernement fédéral : Aarau, Winterthour, Müstair, Meyrin, Neuchâtel l’an dernier, et maintenant Chenaux. La compagnie est bonne.


RTS Info, 22 avril 2026 — Le Conseil fédéral à Estavayer-le-Lac pour sa séance extra-muros


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